Physique-Chimie & NSI

Cours complets et originaux de Physique-Chimie & NSI

1.3 Le climat du futur

« Les modèles prévoient une hausse de 2 à 4 °C d’ici 2100. » Vous avez sûrement déjà entendu une phrase de ce genre. Mais alors, une question toute simple : comment peut-on prétendre prévoir le climat dans 80 ans… alors qu’on est incapable de prévoir la météo au-delà de 15 jours ? 🤔

Ce paradoxe n’en est pas vraiment un, et c’est tout l’objet de ce chapitre. On va voir comment les scientifiques construisent des modèles climatiques, comment ils vérifient qu’on peut leur faire confiance, ce qu’ils nous apprennent sur la responsabilité humaine dans le réchauffement en cours, et quels futurs ils envisagent pour la planète.

La modélisation du climat

  • Mettre en évidence le rôle des différents paramètres de l’évolution climatique, en exploitant un logiciel de simulation de celle-ci, ou par la lecture de graphiques.

Météo et climat

La météo, c’est l’état de l’atmosphère à un endroit précis et à un instant donné (température, pluie, vent…). Le climat, c’est la tendance statistique de ces conditions sur une longue durée (au moins 30 ans), à l’échelle d’une région ou du globe.

La météo, c’est savoir si vous allez porter un pull demain. Le climat, c’est savoir si votre armoire contiendra plutôt des pulls ou des maillots de bain. 🩱

La météo est chaotique : une toute petite différence dans les conditions de départ peut complètement changer la situation quelques jours plus tard (le fameux « effet papillon »). C’est pour ça qu’on ne sait pas prévoir précisément le temps qu’il fera dans 3 semaines.

Le climat, lui, ne cherche pas à prédire un jour précis, mais des grandes tendances qui dépendent de quantités physiques bien identifiées : l’énergie reçue du Soleil, la composition de l’atmosphère, les courants océaniques… Prédire une tendance statistique sur 30 ou 80 ans est un problème totalement différent de prédire un événement précis dans 15 jours.

On peut tout à fait être incapable de prévoir la météo du 14 juillet 2100, tout en étant capable de prévoir que l’été 2100 sera globalement plus chaud qu’aujourd’hui. Ce n’est pas contradictoire : ce sont deux problèmes différents.

Qu’est-ce qu’un modèle climatique ?

Un modèle climatique est un programme informatique qui simule le fonctionnement du système climatique (atmosphère, océans, glaces, surfaces continentales…) à partir des lois de la physique. Concrètement, sa construction repose sur deux ingrédients principaux.

1. La mise en équations des lois physiques connues

Les modèles n’inventent rien : ils utilisent des lois physiques déjà bien établies et vérifiées (rayonnement solaire, effet de serre, mécanique des fluides pour les mouvements de l’air et de l’eau, thermodynamique…). Ce sont les mêmes lois qui permettent, par exemple, de faire les prévisions météo à court terme.

2. Le découpage de la Terre en mailles

Impossible de calculer ce qu’il se passe en chaque point de l’atmosphère et des océans : il y en a une infinité ! Les scientifiques découpent donc la Terre en une grille de mailles 3D (un peu comme un immense Rubik’s Cube englobant toute la planète, l’atmosphère au-dessus et les océans en-dessous). Dans chaque maille, les valeurs (température, pression, vitesse du vent…) sont considérées comme uniformes, et le modèle calcule leurs échanges avec les mailles voisines, minute par minute, sur des dizaines ou des centaines d’années simulées. 😮

Plus les mailles sont petites, plus le modèle est précis… mais plus il demande de puissance de calcul. C’est pour ça que ces simulations tournent sur des supercalculateurs, parfois pendant plusieurs semaines pour une seule simulation !

Les tout premiers modèles climatiques, dans les années 1970, utilisaient des mailles de plusieurs centaines de kilomètres de côté : la France entière tenait dans une poignée de mailles ! Avec l’augmentation de la puissance des ordinateurs, les mailles actuelles descendent à quelques dizaines de kilomètres, ce qui permet de représenter des phénomènes bien plus fins (reliefs, tempêtes, courants marins locaux…).

découpage en mailles
Découpage en mailles par un modèle climatique
Un modèle climatique n’est ni une boule de cristal, ni une vérité absolue. C’est une représentation simplifiée de la réalité, construite à partir de lois physiques connues, dont on peut évaluer la qualité (et qu’on améliore sans cesse).

Comment sait-on qu’on peut faire confiance à un modèle ?

Avant d’utiliser un modèle pour se projeter vers le futur, il faut vérifier qu’il « fonctionne » ! C’est ce qu’on appelle l’évaluation (ou validation) d’un modèle : elle consiste à confronter ses résultats à des données qu’on connaît déjà.

  • On fait « rejouer » au modèle le climat passé (XXe siècle, par exemple), et on compare ce qu’il calcule aux mesures de température réellement enregistrées à cette époque.
  • On confronte également le modèle aux données de paléoclimats (climats très anciens, reconstitués à partir de carottes de glace, de sédiments, de cernes d’arbres…), sur des échelles de temps beaucoup plus longues.

Un modèle jugé fiable est un modèle qui parvient à reproduire correctement ces observations passées. Si un modèle ne fonctionne pas, on le rejette ou on l’améliore.

infographie montrant le cycle de mise eu point et d’élaboration d’un modèle climatique
Élaboration et amélioration d’un modèle climatique

Aujourd’hui, il existe une centaine de modèles climatiques différents, développés indépendamment par des équipes de recherche du monde entier (France, États-Unis, Royaume-Uni, Japon…).

Le fait que ces modèles, bien qu’indépendants, convergent tous vers les mêmes grandes tendances est un argument fort en faveur de leur fiabilité.

C’est d’ailleurs une caractéristique essentielle de la démarche scientifique : un résultat devient robuste lorsqu’il est retrouvé par plusieurs équipes, avec des méthodes différentes, de façon indépendante.

Carte des écarts de température été-hiver prévues par un modèle climatique Carte des écarts de température été-hiver mesurées expérimentalement
Carte des écarts maximums de températures entre été et hiver à la surface de la Terre (a) simulée par le modèle IPSL-CM4 et (b) observée effectivement

Lors des simulations, les modèles climatiques calculent un ajustement entre l'énergie reçue et perdue par la Terre. Si une erreur est commise (lors des mesures ou par les modèles), elle se traduit directement par un écart entre température calculée par le modèle et température mesurée sur le terrain.
Ces erreurs, fréquentes au XXe siècle, rendaient nécessaire l'application de nombreuses corrections aux modèles climatiques. Les modèles actuels sont beaucoup plus performants et ne nécessitent plus (ou très peu) l'application de corrections. Ils sont donc d'excellents outils de modélisation et de prévision du climat.

Météo et climat

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle relève de la météo ou du climat, et justifier en une phrase.

1. « Il fera 24 °C et grand soleil à Lyon samedi prochain. »
2. « Les hivers seront en moyenne 3 °C plus chauds en France en 2100 qu’aujourd’hui. »
3. « Le niveau des océans montera d’au moins 30 cm d’ici la fin du siècle. »
4. « Il va pleuvoir mardi après-midi sur Bordeaux. »

Correction

1. Météo : c’est une prévision précise, à un endroit et une date donnés.
2. Climat : c’est une tendance statistique, sur une longue durée.
3. Climat : c’est une évolution de long terme, pas un événement daté.
4. Météo : prévision précise, court terme, un lieu donné.

Activité : SimClimat et l’arrêt des émissions de CO2

SimClimat est un logiciel gratuit développé par des chercheurs du Laboratoire de Météorologie Dynamique (CNRS). C’est un modèle climatique très simplifié, mais qui permet de comprendre facilement le rôle de plusieurs paramètres sur la température moyenne du globe.

SimClimat ne permet pas de reproduire simplement l’évolution réelle des émissions depuis le début de la Révolution Industrielle. En revanche, il permet de comparer des scénarios futurs à partir d’une même date.

Nous allons donc comparer deux simulations de 500 ans, débutant en 2022. Dans les deux cas, les paramètres naturels sont identiques. Seules les émissions humaines de CO2 changent.

Simulation A : poursuite des émissions

Les rejets de CO2 sont maintenus constants à leur niveau actuel pendant toute la simulation.

Simulation B : arrêt immédiat des émissions

Les rejets de CO2 sont arrêtés dès le début de la simulation. Les paramètres naturels sont conservés exactement comme dans la simulation A.

Questions

1. Comparer l’évolution de la concentration atmosphérique en CO2 dans les deux simulations.
2. Comparer l’évolution de la température moyenne mondiale.
3. L’arrêt des émissions provoque-t-il une baisse immédiate de la température ?
4. Pourquoi la concentration en CO2 ne revient-elle pas instantanément à sa valeur initiale ?
5. Quelle simulation conduit au réchauffement le plus important après 500 ans ?
6. Que montre cette comparaison sur l’importance des émissions cumulées et sur l’inertie du système climatique ?

Cette activité ne reconstitue pas le réchauffement observé depuis 1850. Elle compare deux scénarios futurs simplifiés afin d’étudier le rôle des émissions continues de CO2 et l’inertie du système climatique.

Test de sensibilité

On peut refaire la simulation B en choisissant des paramètres naturels défavorables : forte contribution naturelle au CO2, faible efficacité des puits de carbone, ou autre réglage proposé par le logiciel.

7. La conclusion générale est-elle modifiée dans cette situation défavorable ?

Correction

1. Lorsque les émissions sont maintenues, la concentration atmosphérique en CO2 augmente davantage. Lorsque les émissions cessent, les puits naturels retirent progressivement une partie du CO2 atmosphérique.
2. Le réchauffement est plus important dans la simulation où les émissions sont maintenues.
3. Non. Le système climatique possède une forte inertie. Les océans et les glaces réagissent lentement, et le CO2 reste longtemps présent dans l’atmosphère.
4. Les échanges de carbone entre l’atmosphère, les océans, les sols et les êtres vivants sont progressifs. Les puits naturels ne compensent donc pas instantanément les émissions passées.
5. La simulation A conduit au réchauffement le plus important, car les émissions continuent d’ajouter du CO2 au système climatique.
6. Plus les émissions cumulées sont importantes, plus la perturbation du climat est importante. L’arrêt des émissions limite le réchauffement futur, mais ne fait pas disparaître immédiatement le réchauffement déjà engagé.
7. Le résultat quantitatif peut changer, mais l’arrêt des émissions limite toujours le réchauffement par rapport à une poursuite constante des émissions, à condition que les autres paramètres soient comparables.

Synthèse

Un modèle climatique est une représentation numérique permettant de simuler l'évolution du climat. Il prend en compte les interactions entre les différents réservoirs du système climatique, ainsi que les activités humaines.

Leurs résultats sont évalués et corrigés par comparaison aux observations ainsi qu'à la connaissance des paléoclimats.

Chaque modèle prend en compte des données choisies par les scientifiques afin de réaliser des projections climatiques sur des décennies ou des siècles.

L’origine anthropique du réchauffement

  • Expliquer, à partir de documents et de simulations, pourquoi l’augmentation de la température moyenne depuis le début de l’ère industrielle est liée aux activités humaines.
  • Distinguer une corrélation d’une relation de causalité.
  • Mettre en relation des observations, des mécanismes physiques et les résultats de modèles climatiques.

Dans l’activité précédente, nous avons comparé deux scénarios futurs. Nous avons vu que des émissions de CO2 maintenues provoquent un réchauffement plus important que l’arrêt immédiat des émissions. Mais cette simulation ne répond pas encore complètement à la question suivante :

Comment sait-on que le réchauffement observé depuis l’ère industrielle est principalement dû aux activités humaines ?

Pour répondre à cette question, il faut établir que :

  • L’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère est due aux rejets liés à l’activité humaine.
  • C’est cette augmentation qui entraîne une élévation globale des températures.

Les activités humaines modifient l’atmosphère

Depuis le début de l’industrialisation, les activités humaines rejettent dans l’atmosphère de grandes quantités de gaz à effet de serre. Les principaux concernés sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O).

cheminées d’usine émettant une épaisse fumée noire.

Le dioxyde de carbone

Le CO2 est principalement rejeté par :

  • la combustion du charbon, du pétrole et du gaz naturel ;
  • la fabrication du ciment, notamment lors de la calcination des carbonates ;
  • la déforestation et certains changements d’usage des sols.
graphique montrant la répartition des principales sources d’émission de CO2 d’origine anthropique
Émission de CO2 d’origine anthropique

Le carbone contenu dans les combustibles fossiles était initialement présent dans des êtres vivants. Il a été stocké dans les roches pendant des millions d’années, puis il est transféré très rapidement vers l’atmosphère par les activités humaines.

Le méthane

Le méthane est rejeté notamment par :

  • les fuites lors de l’extraction et du transport du gaz naturel et du pétrole ;
  • l’élevage des ruminants ;
  • certaines rizières ;
  • la fermentation de matières organiques dans les décharges.
Graphique montrant la concentration de CO2 dans l’atmosphère depuis 1700
Évolution du taux de CO2 dans l’atmosphère

Le CO2 ne représente qu’une petite proportion de l’atmosphère. Cela ne signifie pas qu’il est sans effet : ses propriétés d’absorption du rayonnement infrarouge lui permettent de modifier le bilan énergétique de la Terre, même lorsqu’il est présent en faible quantité.

Corrélation et causalité

On observe une augmentation simultanée de la concentration atmosphérique en CO2 et de la température moyenne mondiale. Ces deux grandeurs sont donc corrélées.

Une corrélation signifie que deux grandeurs évoluent de manière liée. Elle ne suffit pas à montrer que l’une est la cause de l’autre.

Par exemple, les ventes de glaces et le nombre de noyades augmentent pendant l’été. Ces deux grandeurs sont corrélées, mais les glaces ne provoquent pas les noyades : une troisième variable, la température, influence les deux phénomènes.

Une relation de causalité signifie qu’un phénomène contribue directement à produire une modification d’un autre phénomène. Pour établir une causalité, il faut donc rechercher plusieurs indices :

  • un mécanisme physique connu ;
  • une chronologie compatible avec ce mécanisme ;
  • des observations indépendantes qui vont dans le même sens ;
  • des modèles capables de reproduire les observations lorsque la cause supposée est prise en compte ;
  • l’élimination des explications concurrentes.
La corrélation entre la température et la concentration en CO2 est un indice. La connaissance de l’effet de serre, les mesures de l’atmosphère et les simulations d’attribution sont des arguments complémentaires qui permettent d’établir la responsabilité des émissions humaines.

Les simulations d’attribution

Pour déterminer la cause d’une évolution climatique, les scientifiques réalisent plusieurs ensembles de simulations. Ils utilisent les mêmes lois physiques et les mêmes méthodes générales, mais ne prennent pas en compte les mêmes facteurs.

graphique du GIEC montrant l’évolution des températures de 1850
Évolution de la température à la surface du globe par rapport à 1850-1900
source : garme.org

Dans la première simulation, le modèle reçoit les variations naturelles connues : les éruptions volcaniques et les variations de l’activité solaire, par exemple. Dans la seconde, on ajoute les perturbations liées aux activités humaines : augmentation des gaz à effet de serre, émissions d’aérosols et changements d’occupation des sols.

La comparaison permet de raisonner par élimination :

  • les facteurs naturels peuvent expliquer certaines fluctuations à court terme ;
  • ils ne suffisent pas à reproduire la tendance générale du réchauffement récent ;
  • la simulation qui prend en compte les facteurs naturels et anthropiques reproduit beaucoup mieux les observations.

On peut donc conclure que les activités humaines sont la cause principale du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. Cela ne signifie pas que chaque variation annuelle de la température est due directement à l’activité humaine : la variabilité naturelle continue d’exister autour de la tendance générale.

Un faisceau d’indices indépendants

La conclusion scientifique ne repose pas sur un seul graphique. Elle s’appuie sur plusieurs observations et connaissances qui se renforcent mutuellement.

Un mécanisme physique connu

Les gaz à effet de serre absorbent une partie du rayonnement infrarouge émis par la surface terrestre. Lorsque leur concentration augmente, le bilan énergétique de la Terre est modifié. Ce mécanisme est décrit par les lois de la physique et étudié expérimentalement.

Une chronologie cohérente

L’augmentation rapide de la concentration atmosphérique en CO2 accompagne le développement de l’utilisation des combustibles fossiles et de certaines activités industrielles. La hausse des émissions humaines précède donc l’essentiel du réchauffement récent.

Une origine identifiée du carbone

Les scientifiques mesurent non seulement la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère, mais aussi certaines caractéristiques du carbone qu’il contient. Ces mesures sont compatibles avec une contribution importante du carbone issu des combustibles fossiles.

Des résultats retrouvés par plusieurs équipes

Des modèles climatiques différents, développés indépendamment dans plusieurs laboratoires, aboutissent à une conclusion comparable lorsqu’ils utilisent les observations et les forçages connus. Cette convergence ne supprime pas toutes les incertitudes, mais elle rend la conclusion particulièrement robuste.

Corrélation ou causalité ?

Pour chaque affirmation, indiquer si elle contient un argument en faveur d’une causalité causalité. Justifier la réponse.

1. « Le nombre de smartphones augmente en même temps que la température mondiale. Les smartphones provoquent donc le réchauffement. »
2. « La température moyenne mondiale augmente car la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmente. »
3. « La température moyenne mondiale augmente car la concentration de CO2 dans l’atmosphère augmente et le CO2 absorbe une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre. »
4. « Les modèles climatiques reproduisent le réchauffement observé seulement lorsqu’ils prennent en compte les émissions humaines. »

Correction

1. Il s’agit d’une corrélation fortuite. Aucun mécanisme physique ne permet de relier directement le nombre de smartphones au réchauffement global.
2. Il s’agit d’une corrélation. Aucun argument ne permet d’établir une causalité.
3. Il s’agit d’un mécanisme physique compatible avec un réchauffement. C’est un argument en faveur d’une causalité.
4. C’est un argument issu de la modélisation. Il montre que les forçages anthropiques sont nécessaires pour reproduire l’évolution observée.

Synthèse

L’augmentation de la température moyenne mondiale depuis le début de l’ère industrielle est principalement liée à l’augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre d’origine humaine.

Cette conclusion ne repose pas sur la corrélation entre température et concentration de CO2. Elle s’appuie sur :

  • les lois physiques de l’effet de serre,
  • les mesures de la composition de l’atmosphère,
  • la connaissance des sources de carbone,
  • les observations climatiques
  • les simulations numériques.

Les variations naturelles ne suffisent pas à expliquer le réchauffement rapide observé depuis le milieu du XXe siècle.

Activité : détecter et réfuter une infox climatique

Voici trois affirmations souvent entendues pour contester l’origine anthropique du changement climatique :

  1. « Le climat a toujours changé, donc l’être humain n’y est pour rien. »
  2. « Les modèles climatiques ne sont pas fiables puisqu’ils ne savent pas prévoir la météo dans quinze jours. »
  3. « Le CO2 ne représente qu’une faible proportion de l’atmosphère, donc il ne peut pas provoquer un réchauffement important. »

Pour chaque affirmation, rédiger une réponse scientifique de cinq à dix lignes. La réponse doit distinguer l’argument présenté, l’erreur de raisonnement et les éléments scientifiques permettant de répondre.

Les climats du XXIe siècle et leurs impacts

  • Lire et interpréter des graphiques présentant plusieurs scénarios climatiques.
  • Identifier une tendance, une fourchette d’évolution et une incertitude.
  • Relier les projections climatiques à leurs conséquences sur les océans, les continents et les écosystèmes.

Le réchauffement observé depuis le début de l’ère industrielle est principalement lié aux activités humaines. Et ce n’est pas fini : quels climats les générations futures connaîtront-elles ? 😨

Pour répondre à cette question, les scientifiques utilisent les modèles climatiques. Mais ils ne peuvent pas connaître à l’avance la quantité exacte de gaz à effet de serre qui sera émise au cours des prochaines décennies et qui dépendra de l’(in-)action politique des dirigeants. Ils étudient donc plusieurs futurs possibles.

Des projections et non des prédictions

Une prédiction annonce ce qui va se produire, à partir d’informations connues et d’hypothèses supposées réalisées. Une projection décrit ce qui pourrait se produire en fonction de certaines hypothèses de départ (on réduit la quantité de CO2 émis ou pas…).

Les projections climatiques ne disent donc pas : « voici exactement la température qu’il fera en 2100 ». Elles répondent plutôt à la question : « si les émissions de gaz à effet de serre suivent telle trajectoire, quelles évolutions du climat les modèles calculent-ils ? »

Les modèles calculent les conséquences climatiques de différents scénarios d’émissions. Ils ne prévoient pas les décisions politiques, les innovations techniques ou les comportements humains qui détermineront le scénario effectivement suivi.

Des scénarios d’émissions différents

Un scénario climatique décrit un ensemble cohérent d’hypothèses concernant l’évolution de la population, de l’économie, des usages de l’énergie, des technologies et des émissions de gaz à effet de serre.

Dans un scénario de faibles émissions, les émissions diminuent rapidement au cours du siècle. Cela suppose des transformations importantes des systèmes énergétiques, des transports, de l’industrie et de l’agriculture.

Dans un scénario de fortes émissions, les émissions restent importantes ou continuent d’augmenter. La concentration atmosphérique en gaz à effet de serre augmente alors davantage, ce qui entraîne un réchauffement plus important.

Les scénarios ne sont donc pas des prophéties concurrentes. Ce sont des expériences numériques qui permettent d’examiner les conséquences de choix différents.

Lire une projection de température

En 2014, le GIEC a défini plusieurs scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.

Graphique montrant l’évolution des
Élevation des températures et scénarios d’émission de CO2 (GIEC, 2014)

Activité : lire une projection climatique

Avant d’interpréter un graphique, il faut identifier :

  • la grandeur représentée sur l’axe vertical ;
  • l’unité et la référence éventuelle de cette grandeur ;
  • la période représentée sur l’axe horizontal ;
  • la signification des couleurs, des traits et des zones colorées.

On étudie le graphique ci-dessus. Répondez aux questions en distinguant toujours les observations directement lisibles sur le document et les interprétations que vous en tirez.

1. Quelle grandeur est représentée sur l’axe vertical ? Quelle est son unité ?
2. Quelle période est représentée sur l’axe horizontal ?
3. Comment évolue la température moyenne mondiale pendant la période historique ?
4. Que remarquez-vous concernant les différentes trajectoires au début des projections ?
5. Comment évolue l’écart entre les scénarios au cours du XXIe siècle ?
6. Pourquoi les scénarios sont-ils généralement proches au début, puis de plus en plus éloignés ?
7. Que représente la zone colorée autour d’une courbe ? Peut-on la considérer comme une erreur du modèle ?

Une fourchette d’évolution des températures

Selon les scénarios étudiés, les modèles s’accordent à prévoir avec une forte probabilité d’occurrence une augmentation de la température moyenne mondiale comprise approximativement entre 1,5 et 5 °C entre 2017 et la fin du XXIe siècle.

Cette fourchette ne correspond pas à une simple hésitation des scientifiques autour d’une valeur unique. Elle dépend des hypothèses concernant les émissions futures. Elle comprend aussi les incertitudes liées à la représentation de certains phénomènes complexes dans les modèles.

Une incertitude scientifique n’est pas une ignorance totale. Elle correspond à une gamme de résultats compatibles avec les connaissances disponibles, les hypothèses retenues et les limites des méthodes utilisées.

Les scénarios les plus favorables ne signifient pas que les conséquences du réchauffement disparaîtraient. Ils montrent que l’ampleur des changements peut encore être limitée par des réductions rapides et durables des émissions.

Des conséquences multiples

Une hausse de la température moyenne mondiale de quelques degrés peut sembler modeste. Elle correspond pourtant à une modification de l’équilibre énergétique de l’ensemble de la planète. Elle entraîne des conséquences sur les océans, les glaces, l’atmosphère, les continents et les êtres vivants.

L’élévation du niveau moyen des océans

Le niveau moyen des océans augmente principalement pour deux raisons :

  • l’eau des océans se dilate lorsqu’elle se réchauffe ;
  • la fonte des glaciers et des calottes glaciaires ajoute de l’eau aux océans.

Les modèles projettent une élévation du niveau moyen des océans pouvant atteindre environ un mètre entre le début et la fin du XXIe siècle, selon les scénarios et les hypothèses retenus.

Cette élévation n’a pas les mêmes conséquences partout. Elle augmente les risques de submersion, d’érosion des littoraux et de salinisation des sols et des nappes d’eau douce. Les populations installées dans les zones côtières et les petites îles sont particulièrement vulnérables.

Les précipitations et les événements extrêmes

Le réchauffement modifie le cycle de l’eau. Une atmosphère plus chaude peut contenir davantage de vapeur d’eau, tandis que l’évaporation et les circulations atmosphériques se transforment.

Les conséquences ne sont pas identiques dans toutes les régions : certaines peuvent connaître des pluies plus intenses, d’autres des sécheresses plus fréquentes ou plus longues. Le réchauffement peut également modifier la probabilité et l’intensité de certains événements extrêmes, comme les vagues de chaleur et les pluies très abondantes.

Il faut rester précis : un événement météorologique particulier ne peut pas toujours être attribué à lui seul au changement climatique. En revanche, le changement climatique peut modifier la probabilité qu’un événement de ce type se produise.

L’acidification des océans

Une partie du CO2 atmosphérique se dissout dans les océans. Il réagit avec l’eau et forme notamment de l’acide carbonique. Cette réaction entraîne une diminution du pH moyen de l’eau de mer : on parle d’acidification des océans.

Cette acidification ne signifie pas que l’océan devient globalement acide au sens courant du terme. Le pH de l’eau de mer reste supérieur à 7, mais il diminue. Cette variation peut perturber les organismes qui fabriquent des structures calcaires, comme certains coraux, mollusques et organismes planctoniques.

Les écosystèmes terrestres

Les êtres vivants dépendent de conditions de température, d’humidité et de disponibilité des ressources. Lorsque ces conditions changent rapidement, les espèces peuvent devoir se déplacer, modifier leur cycle de vie ou s’adapter.

Les activités humaines ajoutent d’autres perturbations : destruction des habitats, artificialisation des sols, pollution et surexploitation. Le changement climatique peut donc aggraver des difficultés déjà rencontrées par les écosystèmes terrestres.

Les écosystèmes marins

Les océans absorbent une grande partie de la chaleur supplémentaire et une partie du CO2 émis par les activités humaines. Ils limitent ainsi temporairement l’augmentation de la température de l’atmosphère, mais ils subissent en retour un réchauffement et une acidification.

Ces changements peuvent modifier la répartition des espèces, perturber les chaînes alimentaires et fragiliser les écosystèmes marins. Les effets combinés du réchauffement, de l’acidification, de la surpêche et de la pollution sont particulièrement importants à prendre en compte.

Activité : Élévation du niveau des océans

Voici trois documents relatifs à l’élévation du niveau des océans.

Changement historique (jusqu'en 2020) et projections de changement de l'élévation du niveau de la mer, en fonction des scénarios SSP du premier groupe de travail (WGI) du sixième rapport d'évaluation (AR6) du GIEC, par rapport au niveau de 1900.
Document 1 : Élévation du niveau de la mer − données historiques et projections (source : wikimedia)
Graphique montrant la contribution de différents facteurs à l’élévation annuelle du niveau de la mer
Document 2 : Phénomènes physiques à l’origine de l’élévation du niveau de la mer (source : wikimédia)
Document 3 : carte interactive montrant les zones à fort risque d’inondation dans le monde

Questions

1. Quelle grandeur ou quel phénomène est étudié ?
2. Quelle évolution est observée ou projetée ?
3. Quel mécanisme permet de l’expliquer ?
4. Quelles régions, populations ou espèces sont particulièrement vulnérables ?
5. Le document présente-t-il une observation actuelle, une projection future, ou les deux ?
6. Quelle incertitude ou quelle limite faut-il signaler ?

Une conséquence climatique ne se résume pas à une valeur mondiale. Il faut préciser ses conséquences à une échelle régionale, à quelle échelle de temps, qui est exposé et quelles incertitudes entourent la projection.

Des risques qui dépendent aussi de la vulnérabilité

Un aléa climatique ne produit pas les mêmes dommages partout. Le risque dépend de la combinaison de trois éléments :

  • l’aléa, c’est-à-dire un phénomène susceptible de se produire, comme une submersion ou une vague de chaleur ;
  • l’exposition, c’est-à-dire la présence de personnes, d’habitations ou d’activités dans la zone concernée ;
  • la vulnérabilité, c’est-à-dire la capacité plus ou moins grande à résister et à se remettre du phénomène.

Les conséquences du changement climatique sont donc aussi une question de société. Les populations disposant de moins de ressources sont souvent davantage exposées ou moins capables de s’adapter, alors qu’elles ont le plus souvent moins contribué aux émissions historiques.

Les projections climatiques décrivent des évolutions physiques. L’importance des dommages dépend ensuite des choix d’aménagement, des inégalités, des politiques publiques et des capacités d’adaptation des sociétés.

Projections ou certitudes ?

Indiquer si les affirmations suivantes sont correctes. Corriger celles qui sont trop catégoriques.

1. « Les modèles prévoient la température exacte de chaque ville en 2100. »
2. « Les scénarios de fortes émissions conduisent à un réchauffement plus important que les scénarios de faibles émissions. »
3. « Une zone d’incertitude signifie que les scientifiques ne savent rien. »
4. « Le niveau moyen des océans peut augmenter à cause de la dilatation de l’eau et de la fonte des glaces continentales. »
5. « Si une région connaît un hiver froid, cela prouve que le réchauffement climatique est faux. »

Synthèse

Les modèles climatiques produisent des projections à partir de scénarios d’émissions. Ces projections décrivent les évolutions possibles du climat sous certaines hypothèses.

Selon les scénarios, les modèles s’accordent à prévoir avec une forte probabilité une augmentation de la température moyenne mondiale comprise entre 1,5 et 5 °C entre 2017 et la fin du XXIe siècle.

Les conséquences attendues sont notamment :

  • une élévation du niveau moyen des océans pouvant atteindre environ un mètre ;
  • des modifications des régimes de précipitations et des événements extrêmes ;
  • une acidification des océans ;
  • des incidences majeures sur les écosystèmes terrestres et marins.

La quantité de ces changements dépendra fortement des émissions futures. L’incertitude ne remet pas en cause les tendances : elle permet de préciser la gamme des évolutions possibles et les limites des connaissances.

Science, décision et société : le GIEC et les COP

  • Expliciter le rôle du GIEC dans l’évaluation collective, rigoureuse et indépendante des connaissances scientifiques sur le climat.
  • Distinguer les stratégies d’atténuation (action sur les causes) et d’adaptation (action sur les conséquences).
  • Analyser de manière critique les mécanismes de négociation internationale, les freins politiques et les risques de maladaptation.

Face à l’urgence climatique, la science produit des faits indiscutables et des alertes claires. Mais entre les conclusions des chercheurs et les actes des gouvernements, le chemin est semé de négociations diplomatiques, d’intérêts économiques et d’un certain décalage entre les discours et la réalité… 🤔

Le GIEC : une expertise scientifique mondiale

Créé en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, ou IPCC en anglais) rassemble des milliers de scientifiques du monde entier.

Le rôle du GIEC est d’évaluer de façon méthodique, transparente et objective l’état des connaissances scientifiques publiées dans le monde entier sur le changement climatique. Tous les 6 à 7 ans, il publie des rapports d’évaluation complets qui font la synthèse de dizaines de milliers d’articles scientifiques ayant été préalablement validés par leurs pairs (peer-review).

✋ Ce que le GIEC ne fait PAS :

  • Il ne réalise pas lui-même de mesures sur le terrain ni d’expériences en laboratoire.
  • Il ne prend aucune décision politique et ne dicte pas de lois aux États.

L'organisation en 3 groupes de travail

Les rapports du GIEC sont rédigés par des centaines de chercheurs bénévoles répartis en trois groupes complémentaires :

  • Groupe 1 : Les bases physiques du climat (fonctionnement du climat, preuves du réchauffement, attribution anthropique, modèles numériques et projections).
  • Groupe 2 : Impacts, vulnérabilité et adaptation (conséquences sur les écosystèmes, l’agriculture, la santé, les villes, et manières de s’adapter).
  • Groupe 3 : Atténuation du changement climatique (solutions techniques, économiques et sociétales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre).

À chaque grand rapport, le GIEC rédige un « Résumé à l’intention des décideurs » (SPM, Summary for Policymakers). Ce document synthétique est relu et approuvé ligne par ligne et à l’unanimité par les scientifiques et les délégués des 195 pays membres.

Cette règle de l’unanimité est à double tranchant :

  • Aucun gouvernement ne peut ensuite prétendre « nous ne savions pas » ou contester la rigueur des constats, puisqu’il a lui-même validé chaque phrase du texte.
  • Les délégations de certains pays très dépendants des énergies fossiles (Arabie Saoudite, Russie, États-Uniss, Australie…) mènent d’âpres négociations pour édulcorer (voire saborder) le texte, remplacer des mots précis par des formules floues, ou tenter de supprimer des mentions directes appelant à la fin des hydrocarbures.

Des constats scientifiques à la réalité politique : les COP

Si la science établit les faits et les risques, la décision d’agir appartient aux responsables politiques. C’est dans ce cadre que se réunissent chaque année les COP (Conférences des Parties, nées en 1992).

Le sommet le plus célébré a été la COP21 en 2015, qui a abouti à l’Accord de Paris. Les États signataires s’y sont engagés à :

  • contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ;
  • poursuivre l’action pour limiter cette augmentation à 1,5 °C.

Chaque dixième de degré compte ! Entre +1,5 °C et +2 °C de réchauffement, la fréquence des canicules extrêmes double et la proportion de récifs coralliens détruits passe de 70-90 % à plus de 99 %.

De beaux discours… face à la dure réalité des faits

Sur le papier, l’Accord de Paris a été salué comme un triomphe diplomatique. Mais dans les faits, l’examen lucide des années écoulées révèle un gouffre entre les promesses et les actes :

  • Aucune sanction, aucun caractère contraignant : l’Accord de Paris repose sur des engagements nationaux volontaires (les NDC). Si un État ne tient pas ses promesses, il ne subit strictement aucune pénalité.
  • Le problème du consensus : dans les COP, chaque décision finale doit être votée à l’unanimité. Il suffit d’un seul grand pays producteur de pétrole, de gaz ou de charbon pour bloquer une résolution ambitieuse. Les déclarations finales finissent presque toujours par refléter le plus petit dénominateur commun (on passe des nuits entières à négocier s’il faut écrire « sortie progressive » ou « réduction progressive » des énergies fossiles…).
  • Des sommets sous influence : l’organisation de grandes COP climatiques au cœur même de pétromonarchies ou d’États pétrogaziers (comme la COP28 à Dubaï ou la COP29 à Bakou), avec la présence record de milliers de lobbyistes de l’industrie fossile, illustre les contradictions majeures de la gouvernance mondiale.
  • Des émissions mondiales toujours record : pour stabiliser le réchauffement à 1,5 °C, la science indiquait qu’il fallait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030. Dans la réalité, les émissions mondiales n’ont jamais cessé de grimper, battant record sur record.
  • Le seuil des +1,5 °C déjà atteint : les années 2023 et 2024 ont déjà enregistré temporairement des températures moyennes mondiales dépassant de plus de 1,5 °C l’ère préindustrielle. L’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris est donc déjà en train d'être dépassé.

On n’enfume pas la physique : les lois du climat et l’effet de serre se fichent des discours d’intention et des traités diplomatiques. Seule compte la quantité réelle de gaz à effet de serre injectées dans l’atmosphère.

Deux leviers d'action indispensables : atténuation et adaptation

Face à ce constat, les sociétés humaines n’ont d’autre choix que d’actionner simultanément deux leviers complémentaires :

🌱 1. L’atténuation (agir sur les causes)

L’atténuation regroupe toutes les actions visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre ou à augmenter les puits de carbone pour limiter l’ampleur du réchauffement futur.

Exemples : sortie des énergies fossiles au profit des énergies bas-carbone (renouvelables, nucléaire), sobriété énergétique, mobilités douces (vélo, train), isolation thermique des bâtiments, réduction du gaspillage, préservation des forêts et des sols.

🛡️ 2. L’adaptation (atténuer les conséquences)

L’adaptation regroupe toutes les actions visant à réduire la vulnérabilité des sociétés et des écosystèmes face aux impacts déjà engagés ou inévitables du changement climatique.

Exemples : végétalisation des villes contre les îlots de chaleur, aménagement des digues et recul du bâti face à l'érosion marine, sélection de cultures agricoles plus résistantes aux sécheresses, plans d’alerte canicule.

Pourquoi faut-il mener les deux de front ?

En raison de l'inertie du système climatique, un réchauffement important est déjà en cours : il faut donc obligatoirement s’adapter pour protéger les populations.

Mais si nous n'atténuons pas massivement nos émissions, le réchauffement atteindra des niveaux (+3 à +4 °C) où l’adaptation deviendra tout simplement impossible pour des milliards d’êtres humains.

Attention à la « maladaptation » !

On appelle maladaptation une mesure d'adaptation à court terme qui, mal pensée, aggrave le problème à long terme (souvent en augmentant les émissions de GES ou en déplaçant la vulnérabilité sur d’autres personnes).

Exemple typique : installer massivement des climatiseurs individuels dans des logements passoires thermiques. Cela rafraîchit la pièce sur le moment, mais rejette de la chaleur supplémentaire dans la rue (aggravant la canicule dehors) et fait exploser la consommation électrique (souvent produite avec des centrales à gaz ou à charbon).

Activité : Atténuation, adaptation ou maladaptation ?

Pour chacune des mesures suivantes, indiquez s'il s'agit principalement d'atténuation, d'adaptation, des deux à la fois, ou d'un cas typique de maladaptation. Justifiez brièvement votre réponse.

  1. Remplacer les chaudières au fioul ou au gaz par des pompes à chaleur couplées à une électricité décarbonée.
  2. Planter des arbres et créer des îlots de fraîcheur dans les centres urbains pour limiter l'effet de dôme de chaleur.
  3. Construire de gigantesques retenues collinaires pour faire tourner des canons à neige artificielle dans des stations de ski de basse altitude.
  4. Rénover et isoler thermiquement les toitures et les murs des bâtiments anciens.
  5. Mettre en place un système d'alerte météo par SMS pour prévenir les riverains en cas de crue soudaine ou de canicule extrême.
  6. Développer la filière du ciment bas-carbone (sans calcination classique des carbonates).
  7. Organiser le recul stratégique (déménagement concerté) des habitations situées sur des falaises littorales qui s'effondrent.
  8. Multiplier l'usage de climatiseurs énergivores dans des logements mal isolés.

Comprendre le rôle du GIEC

Un internaute écrit sur un réseau social : « Le GIEC est un groupe de 15 personnes payées par l'ONU qui font leurs propres expériences pour nous imposer des taxes écologiques. »

À l'aide des éléments du cours, rédigez une réponse argumentée de quelques lignes relevant les trois contre-vérités contenues dans cette phrase.

Synthèse

Le GIEC évalue de manière rigoureuse, collective et indépendante l’état des connaissances scientifiques sur le changement climatique, ses impacts et les solutions possibles. Ses rapports constituent la référence scientifique mondiale pour les négociations internationales.

Mais la règle de l'unanimité lors des négociations diplomatiques et le poids des lobbies des énergies fossiles freinent considérablement la mise en œuvre des mesures nécessaires. Les émissions mondiales continuent d'augmenter et le seuil de +1,5 °C est déjà en train d'être franchi.

Pour faire face aux risques climatiques, deux stratégies complémentaires doivent être menées de front :

  • l’atténuation, qui s’attaque aux causes en réduisant drastiquement les émissions mondiales de gaz à effet de serre (énergies décarbonées, sobriété, efficacité énergétique, préservation des puits de carbone) ;
  • l’adaptation, qui s’attaque aux conséquences en aménageant le cadre de vie et en réduisant la vulnérabilité des populations et des écosystèmes face aux aléas inévitables.

Les choix de société doivent veiller à éviter la maladaptation et privilégier des transformations durables et équitables.